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VOIX CATHOLIQUE

 
Page des francophones
Au travers d'un choix d'informations et de commentaires de l'actualité, la Page des Francophones présente la Pologne contemporaine dans tous les aspects de sa réalité. Elle cherche ainsi à atteindre plus particulièrement des lecteurs non polonophones de Glos Katolicki, intéressés par l'évolution de notre pays.

R.Zienkiewicz LA PAGE DES FRANCOPHONES
de Richard Zienkiewicz

 

riczienk@francenet.fr

 

Cela s'est passé en Pologne


Les brèves du début de l'année

Le mercredi 27 janvier dernier a été marqué par la célébration du 65e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz-Birkenau. De nombreux chefs d'État avaient été invités aux cérémonies, mais tous ne sont pas venus. En particulier, le président russe Dmitri Medvedev avait été invité personnellement par son homologue polonais, Lech Kaczynski, ce qui a été perçu par les Russes comme un geste très positif. Toutefois, l'intéressé a décliné l'invitation arguant d'occupations urgentes impossibles à reporter. Il a envoyé un second couteau en la personne du ministre de l'éducation dont on a déjà oublié le nom. On pourrait considérer cette absence comme un camouflet à la Pologne, peu propice à l'amélioration des relations polono-russes déjà très mauvaises. Medvedev craignait-il un face-à-face avec le président polonais ? A-t-il reçu un oukase de son Premier ministre Vladimir Poutine lui interdisant de se rendre en Pologne ? Une rencontre au sommet aurait pourtant pu amorcer un dialogue entre les deux parties. Mais cette absence est aussi un camouflet aux Juifs, aux déportés survivants et à la mémoire des victimes. Car c'est bien l'Armée rouge, c'est-à-dire soviétique, donc russe, qui a libéré le camp d'Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 1945. Dans ces conditions, il aurait été particulièrement bienvenu qu'un tel anniversaire soit honoré de la présence du chef de l'État russe pour rendre hommage aux victimes - 1,3 million de déportés dont 1,1 million de morts parmi lesquels un million de Juifs, 75.000 Polonais, 21.000 Tsiganes, 15.000 Russes et les représentants d'autres nationalités. L'absence du président russe a été remarquée, mais elle n'a donné lieu à aucune protestation. Parmi les autres invités, il y avait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. La France elle aussi n'a envoyé qu'un second couteau, le secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens Combattants. La cérémonie au camp d'extermination et les différentes manifestations commémoratives se sont déroulées dans le calme et la sérénité. À un moment où il ne reste plus qu'une poignée de survivants, c'est maintenant le devoir de mémoire qui est devenu l'enjeu majeur des célébrations : ne pas oublier les victimes, ne pas falsifier l'histoire, tirer les leçons du passé pour orienter l'avenir et ne pas refaire les mêmes erreurs. Un vaste programme à transmettre aux futures générations.

Une nouvelle qui n'en était pas vraiment une, avec l'annonce par le Premier ministre Donald Tusk de son retrait de la course à la présidence. C'est un bruit qui courrait déjà, mais qui n'avait pas été confirmé par l'intéressé lui-même. Maintenant c'est fait, comme il l'a annoncé personnellement fin janvier. M. Tusk n'est pas intéressé par la fonction présidentielle. Il préfère rester Premier ministre et chef de son parti, car il est avide de pouvoir. Il est vrai qu'à l'automne dernier il avait ourdi un projet de réduction des pouvoirs du président de la République, ce qui nous a fait nous interroger sur le fait qu'il cherchait à scier la branche sur laquelle il voulait s'asseoir. Maintenant, tout est clair. En voulant réduire le rôle du chef de l'État à des fonctions purement représentatives, il cherche à renforcer par la même occasion celui du chef de gouvernement qu'il veut rester. Mais ce n'est pas le tout de concentrer le pouvoir entre ses mains. Il faut encore savoir l'exercer à bonne escient pour le bien public comme l'exigent les principes de base de l'État de droit et de la démocratie. On sait que malgré toutes les précautions que peuvent prendre les dirigeants, l'exercice du pouvoir use. Curieux, Donald Tusk semble encore frais après un peu plus de deux ans à la tête de ses ministres. Sa décision a jeté le trouble au sein du parti libéral qui doit maintenant chercher un candidat capable de gagner les présidentielles. La presse fait circuler des noms de présidentiables ; on ressort même celui d'Andrzej Olechowski, ancien ministre il y a plus de quinze ans, un des fondateurs de la Plateforme Civique qu'il a quittée pour incompatibilité d'humeur avec Donald Tusk. En retraite de la politique active, il a annoncé en décembre dernier sa candidature aux élections. Et pour sa structure de soutien, il tente depuis juillet dernier de réactiver le parti démocrate (SD), un vieux parti créé entre les deux guerres, devenu parti croupion des communistes après la guerre, sensé représenter les milieux intellectuels polonais, et marginalisé après la chute du communisme. Le feuilleton des présidentielles ne fait que commencer.

En sport, il convient de noter la prestation des handballeurs polonais au championnat d'Europe 2010 à Vienne. Ils se sont classés à la quatrième place, ce qui est le meilleur résultat jamais obtenu au niveau européen. Au tour préliminaire, les Polonais ont gagné deux matches et ont fait un nul ; au tour principal, ils ont gagné trois matches, en ont perdu un et fait un nul. Au tour final, le dernier carré, l'équipe polonaise s'est inclinée devant les trois meilleurs : la France, la Croatie et l'Islande. Les joueurs ont quand même été fêtés comme des héros par les supporters à leur retour et ont été reçus par le président de la République.

Richard Zienkiewicz

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